Ecologie et agriculture : partenaires ou sœurs ennemies ?

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La biodiversité au cœur du Grenelle de l’Environnement

La protection de la biodiversité aura été l'un des volets majeurs du « Grenelle de l'Environnement ». Son objectif - assurer le bon fonctionnement des écosystèmes en protégeant espèces et habitats - est-il compatible avec le maintien d'une agriculture dynamique et compétitive ? Eléments de réponse.

En 2010, Année Internationale de la Biodiversité oblige, la préservation des écosystèmes, des espèces vivantes et de leurs habitats, aura beaucoup défrayé la chronique. Ainsi la diversité biologique a-t-elle été au centre des débats.

La loi Grenelle 2 qui en est issue prévoit :

  • d'instaurer la Trame verte et bleue (TVB) : création de « corridors écologiques » reliant les espaces d'habitat naturel et permettant le déplacement des espèces vivantes,
  • de rendre l'agriculture durable par la maîtrise des produits phytopharmaceutiques (protègent les cultures contre les organismes nuisibles) et le développement du bio,
  • de protéger les zones humides et les captages d'eau potable.

 

Toutes ces mesures ne sont pas sans conséquences pour l'agriculture. Elles impliquent :

  • une réduction des territoires agricoles au profit de zones écologiques protégées (zones humides, zones de captage…),
  • un recul des surfaces cultivées,
  • une évolution significative des pratiques culturales.

 

Comment, dans ces conditions, concilier impératifs économiques et enjeux environnementaux ? « La production agricole s'inscrit pleinement dans les objectifs du développement durable, estime-t-on à la FNSEA, et pourra relever le défi de produire plus et mieux pourvu qu'on ne l'enferme pas dans un carcan règlementaire qui mette en péril les exploitations ».

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Pas de biodiversité sans agriculteurs

Parce que l'agriculture a façonné les paysages et entretient des liens particuliers avec les milieux naturels, elle ne peut être exclue de la « croissance verte » voulue par le Grenelle 2. A contrario, la biodiversité exige le maintien d'exploitations agricoles solides et dynamiques.

Conjuguer protection de l'environnement et maintien d'une agriculture productive n'est pas contradictoire. « Nous travaillons au cœur de la biodiversité », rappelle la FNSEA. Et de préciser : « Les pratiques agricoles et les milieux naturels sont liés et forment des systèmes agro-écologiques ».

De fait, l'agriculture contribue au maintien de la biodiversité domestique (espèces et sous-espèces domestiquées par l'homme). Bandes végétalisées, haies, prairies sont autant d'éléments entretenus par les agriculteurs qui concourent aux continuités écologiques. Plus largement, les agriculteurs participent au maintien de la ruralité et de la diversité des paysages ainsi qu'à la lutte contre l'artificialisation des terres.

En conséquence, la FNSEA demande que l'Etat reconnaisse l'apport de l'agriculture à la biodiversité. Que la loi Grenelle 2 soit synonyme de perspectives de développement pour les producteurs. Pas qu'elle les enferme dans un cadre restrictif risquant de fragiliser les exploitations.

Aussi plaide-t-elle pour que le foncier agricole soit protégé contre l'urbanisation.
Que la connaissance des agriculteurs par rapport à leur environnement soit valorisée.
En somme, que le service écologique qu'ils rendent à la collectivité en tant que principaux « gestionnaires » du milieu naturel » soit rémunéré : « une politique incitative encouragera  les comportements écologiques vertueux ».

Enfin, la FNSEA milite pour une gouvernance partagée de la biodiversité : « Si l'on veut trouver un équilibre entre deux objectifs du Grenelle - limiter la consommation des espaces agricoles et naturels et compenser la perte de biodiversité - les politiques environnementales, rurales et d'urbanisme doivent s'élaborer de conserve avec le monde rural en tenant compte des particularités des territoires et des exploitations ».

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TVB : La FNSEA architecte du partenariat Etat/agriculteurs

La FNSEA agit auprès des pouvoirs publics pour que le scénario de la Trame Verte et Bleue (TVB) s'écrive en concertation avec les agriculteurs. Et sa réalisation s'accomplisse par voie contractuelle.

La Trame Verte et Bleue vise à reconstituer un réseau d'échanges entre espaces naturels pour permettre le déplacement de la faune et de la flore. L'agriculture occupant près de 60 % du territoire français, les paysans sont les premiers concernés par sa mise en place.

La FNSEA s'est opposée à ce que la TVB se traduise par une nouvelle réglementation susceptible d'affecter l'activité agricole. La mise en place de la TVB devra s'effectuer de manière contractuelle. « La TVB doit se bâtir avec les agriculteurs afin de ne pas entraver la valorisation économique des territoires et le développement d'une agriculture productive ».

Ainsi, l'organisation syndicale lutte contre la création de nouvelles zones écologiques protégées comme la restriction des pratiques agricoles dans les espaces TVB. Elle agit aussi contre l'intégration de la TVB dans le droit de l'Urbanisme : « Créer des espaces d'urbanisme TVB reviendra à l'imposer et non à la construire en concertation ». Et de rappeler la nécessaire « prise en compte, le plus en amont possible, des enjeux socio-économiques » pour un déploiement harmonieux et efficace de la TVB. « Transformer des terres cultivées en espaces écologiques sanctuarisés va à l'encontre des objectifs du Grenelle de lutte contre la régression des surfaces agricoles ».

En tout état de cause, la mise en œuvre de mesures environnementales pouvant avoir des conséquences économiques, sociales et financières, la FNSEA exige que des études d'impact soit menées et entraînent le cas échéant des compensations. Affaire à suivre…

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